|
- INTRODUCTION
- PROPAGATION ET MANIPULATION D'IMPULSIONS FEMTOSECONDES
- A QUOI SERVENT LES LASERS FEMTOSECONDES ?
LES LASERS FEMTOSECONDES ET LEURS APPLICATIONS
Qu'est-ce qu'une femtoseconde ?
Une femtoseconde (fs) est un millionième de milliardième de seconde
(1 fs = 10-15 s).
En 1 s la lumière parcourt une distance proche de la distance terre-lune
alors qu'en 100 fs elle parcourt l'épaisseur d'un cheveu.
Qu'est-ce qu'un laser ?
Un laser est un dispositif qui produit un rayonnement lumineux très bien
contrôlé grâce au mécanisme d'émission
stimulée. Pour plus d'informations sur le laser voir par exemple
:
http://www2.fsg.ulaval.ca/opus/physique534/optique/laser01.shtml
http://www.opticsvalley.org/pages/rubrique-90/index.html
Qu'est-ce qu'un laser femtoseconde ?
A l'inverse d'un laser conventionnel, qui produit habituellement un rayonnement
continu, le laser femtoseconde produit des flashs très brefs de lumière
qu'on appelle impulsions. Chaque impulsion dure de quelques fs à 100
fs.
Mais au fait, qu'est-ce que la lumière ?
La lumière est une onde qui se déplace de la même façon
qu'une onde créée sur la surface de l'eau par la chute d'un caillou.
La nature ondulatoire de la lumière a été reconnue dès
le 17ème siècle (historique).
Depuis le 19ème siècle, on sait que la lumière
est constituée d'un champ électrique oscillant de façon
sinusoïdale qui se déplace à la vitesse de la lumière
c : 300 000 km/s. Pour comparaison, le son est aussi une onde qui se déplace
mais la grandeur qui oscille est la pression dans l'air ce qui implique que,
à l'inverse de la lumière, le son ne peut pas se propager dans
le vide.
La période T de l'onde détermine la fréquence n=1/T,
de la lumière, c'est-à-dire sa couleur. La longueur d'onde de
la lumière, définie par la distance parcourue par la lumière
en une période, est aussi souvent utilisée et est reliée
à la fréquence par : l=c/n.

Pour avoir des impulsions brèves, il faut une bande de fréquences large
| Quand on superpose plusieurs ondes avec différentes
fréquences, à certains instants les ondes s'additionnent et
elles s'annulent avant et après. Plus on rajoute de fréquences
différentes (plus le spectre de fréquences est large), plus
on obtient des impulsions brèves. Ainsi on obtient une onde avec
seulement quelques oscillations au lieu d'un nombre infini d'oscillations
comme dans le cas d'un laser continu. |
|
| Inversement, le nombre d'oscillations dans une
impulsion étant très faible (voir image ci-contre), on ne
peut pas définir la période et la fréquence avec précision.
Ceci donne un certain nombre de fréquences autour d'une fréquence
centrale n0. Ceci est tout à fait analogue
du fait qu'il est difficile de percevoir la hauteur du son produit par un
instrument à percussion (particulièrement dans les graves,
comme pour une grosse caisse). |
|

PROPAGATION ET MANIPULATION D'IMPULSIONS FEMTOSECONDES
Une impulsion courte le reste-t-elle?
Dans le vide, les différentes fréquences qui constituent une impulsion
brève avancent à la même vitesse. Dans un matériau
transparent, la lumière n'est pas absorbée mais sa vitesse est
ralentie. Le rapport entre la vitesse de la lumière dans le matériau,
s,
et sa vitesse dans le vide, c, est appelé indice de réfraction
: n=c/s. L'indice de réfraction du matériau dépend généralement
de la fréquence n. Il faut donc écrire
n(n) =c/s(n) Comme les
différentes fréquences constituant une impulsion avancent à
des vitesses différentes, l'impulsion s'allonge.
Quand les différentes fréquences n'arrivent pas simultanément,
on dit que l'impulsion présente un glissement de fréquence ("
chirp " en anglais c'est-à-dire gazouillis ; le gazouillis des oiseaux
présentant également un glissement de fréquence).
Comment combattre cet allongement des impulsions ?
Pour compenser cet allongement des impulsions dans les matériaux optiques,
on utilise différentes astuces pour faire parcourir aux fréquences
qui sont en avance des trajets plus longs qu'aux fréquences qui sont
en retard. Deux possibilités sont illustrées ci-dessous, la ligne
de prismes et la ligne de réseaux.
Dans certains cas, il peut être intéressant de disposer d'impulsions
dont les différentes fréquences arrivent dans un ordre particulier.
Des lignes de prismes et de réseaux ainsi que des dispositifs plus complexes
peuvent être utilisés pour engendrer ce type d'impulsions. On parle
alors de façonnage d'impulsions.
A QUOI SERVENT LES LASERS FEMTOSECONDES ?
- Pouvoir observer des phénomènes très rapides(comme la dissociation d'une liaison chimique entre deux atomes)
Quand on photographie quelqu'un qui bouge rapidement, la photo est floue. Toutes
les positions successives apparaissent sur la photo sans que l'on sache dans
quel ordre elles ont été adoptées. Si, en revanche, on
dispose d'un obturateur très rapide, on peut faire une série de
photographies et ainsi décomposer le mouvement. C'est ainsi que, grâce
à la chronophotographie
utilisant des appareils photographiques avec obturateur rapide, des mouvements
comme le galop du cheval peuvent être décomposés.
Les impulsions femtosecondes jouent le rôle de l'obturateur rapide à
une échelle de temps 109 à 1010 fois plus brève.
On envoie ces flashs ultra-brefs de lumière pour sonder les propriétés
optiques de la matière (transmission, réflexion,
) à
l'instant précis de l'arrivée de l'impulsion femtoseconde. Quand
on veut observer, par exemple, un grand nombre de molécules, il faut
qu'elles se trouvent toutes dans le même état sinon on aura un
effet de moyenne (de flou). Pour synchroniser toutes les molécules, on
utilise une impulsion plus intense, appellée pompe, qui déclenche
le processus physique qu'on veut étudier. Ensuite on fait arriver l'impulsion
sonde à différents instants après le déclenchement
du processus. Ces différents retards de la sonde par rapport à
la pompe sont obtenus en faisant varier la longueur du chemin optique de la
sonde. Comme la vitesse de la lumière vaut 300000 km/s, en faisant parcourir
à la sonde 30 µm de plus, elle arrivera 100 fs plus tard. En lui
faisant parcourir 3 m de plus, elle arrivera 10 ns plus tard. Ce type d'expérience
est appelé expérience pompe-sonde.

- Concentrer beaucoup d'énergie en très peu de temps
Grâce aux lasers femtosecondes, on peut exposer les matériaux à
des energies très élevées pendant des temps très
courts et étudier leur propriétés dans ces conditions extrêmes.
On peut ainsi rester en dessous du seuil de dommage des matériaux ce
qui ne serait pas le cas si on exposait les matériaux à ces niveaux
d'énergie pendant plus longtemps.
Micro-usinage
On peut également utiliser ces fortes concentrations d'énergie
dans le temps pour le micro-usinage des matériaux. Dans le cas des impulsions
femtosecondes, on évite l'échauffement des zones avoisinantes
qui est inévitable lorsqu'on utilise des impulsions plus longues (ns
; 1 ns=10-9 s).
Utiliser des effets d'optique non-linéaire (changement de longueur d'onde)
Dans la plupart des effets optiques de la vie quotidienne, nous nous situons
dans le domaine de l'optique linéaire. L'intensité de la lumière
transmise ou réflechie par un matériau est ainsi proportionnelle
à l'intensité incidente. Si, par exemple, on double l'intensité
incidente, l'intensité transmise est également doublée.
Lorsqu'on dispose de très fortes concentrations d'énergie dans
le temps, comme c'est le cas avec les lasers femtosecondes, concentrations que
l'on peut accroître en utilisant des lentilles qui concentrent l'énergie
dans l'espace, cette proportionnalité n'est plus respectée.
On peut introduire l'optique non-linéaire de la façon suivante
:
L'interaction entre la lumière et la matière est fondée
sur le fait que ce champ électrique agit sur les électrons de
la matière et provoque leur déplacement. L'oscillation du champ
électrique de la lumière induit une oscillation des électrons
qui, à son tour, résulte en une émission de lumière.
On peut imaginer les électrons de la matière et leur mouvement
sous l'action du champ électrique comme un ressort qu'on peut tendre
de plus en plus au fur et à mesure que l'on applique une force croissante.
Pour de faibles forces, l'élongation du ressort est proportionnelle à
la force appliquée. Au-delà, en revanche, on ne double plus l'élongation
en doublant la force. De même, pour de la lumière intense, c'est-à-dire
pour de fortes valeurs du champ électrique qui deviennent non négligeables
par rapport aux champs régnant dans la matière, le déplacement
des électrons de la matière n'est plus doublé lorsque le
champ électrique est doublé. L'oscillation des électrons
sous l'action du champ électrique de la lumière sera alors une
sinusoïde déformée.

Une sinusoïde déformée peut être décrite comme
la somme de sinusoïdes aux fréquences n,
2n, 3n, où n
est la fréquence de la lumière incidente. On peut ainsi obtenir
ce que l'on appelle doublage de fréquence ou génération
de second harmonique (apparition d'une onde à 2n),
triplement de fréquence (apparition d'une onde à 3n),
voire même de la création d'harmoniques d'ordre élevé
(100n et plus) en utilisant des impulsions très
intenses.
Ces processus peuvent également être interprétés
dans le cadre de la
théorie corpusculaire de la lumière, où une onde de
fréquence est représentée par un ensemble de particules,
d'énergie hn, appelées photons (h est
la constante de Planck). Ainsi le doublage de fréquence correspondra
à la fusion de deux photons d'énergie hn
pour former un nouveau photon d'énergie 2hn,
et donc de fréquence 2n . De même, on
peut imaginer de fusionner deux photons de fréquences n1
et n2 pour former un photon de fréquence
n1+ n2
: c'est la somme de fréquences. L'interaction des faisceaux de fréquences
n1 et n2
(où n1 >n2)
peut également déclencher la fission des photons d'énergie
hn1 (appelés photons pompe) pour
produire des photons supplémentaires à n2,
et créer également des photons dits complémentaires à
la fréquence n3= n1-
n2 . On parle alors d'amplification paramétrique
puisque le faisceau de fréquence n2,
appelé signal, est amplifié. Ce processus est également
appelé différence de fréquences entre n1
et n2 (surtout quand les deux faisceaux
sont d'intensité comparable). Le processus de fission de photons peut
avoir lieu en l'absence de faisceau à fréquence n2
; on parle alors d'amplification paramétrique spontanée.
|

|
Un laser pompe à 400 nm (durée
des impulsions : 150 fs) focalisé dans un cristal non-linéaire
(BBO) permet d'obtenir une amplification paramétrique spontanée
de différentes couleurs. L'émission de ces couleurs est favorisée
pour un angle qui dépend de la couleur, des indices de réfraction
du cristal non-linéaire et de son orientation. Ceci explique la formation
d'anneaux de différentes couleurs.
(B. Chatel, Laboratoire Collisions Agrégats Réactivité,
Toulouse (Université Paul Sabatier, CNRS)) |
Les processus cités ci-dessus concernent surtout l'interaction avec
des matériaux transparents. Quand la lumière interagit avec un
milieu absorbant, elle induit le passage d'un électron d'un état
de basse énergie, E1, vers un état d'énergie
supérieure, E2. L'énergie des photons absorbés
doit être égale à la différence d'énergie
entre ces deux états d'énergie : hn=E2-E1.
Cette énergie absorbée est ensuite réémise sous
forme de lumière appelée fluorescence. Selon le matériau,
une partie de l'énergie absorbée est transformée en vibrations.
La lumière réémise est donc de plus faible fréquence
(décalée vers la partie rouge du spectre).
Il est également possible d'absorber simultanément deux photons
de fréquence n' pour induire le changement d'état de l'électron
: 2hn'=E2-E1. Dans ce cas, la fréquence nécessaire est égale
à la moitié de la fréquence nécessaire pour une
absorption à un photon. La fluorescence émise est alors appelée
fluorescence excitée par absorption à 2 photons.

Il est important de noter que tous ces processus d'optique non-linéaire
sont également possibles avec des impulsions de durée plus longue
mais qu'il est plus facile de les observer avec des impulsions femtosecondes
puisque la probabilité de présence simultanée de deux photons
y est plus grande.
Microscopie non-linéaire : applications en biologie et en médecine
Les effets non-linéaires décrits ci-dessus peuvent être
utilisés en microscopie. Lorsqu'on focalise un laser dans un microscope
conventionnel pour exciter un échantillon, la lumière émise
provient de différentes profondeurs. Si, en revanche, on détecte
la lumière émise due à un effet non-linéaire (doublage
ou triplement de fréquence, fluorescence excitée par absorption
à deux photons,
), celle-ci ne provient pratiquement que du point
focal, l'endroit où le diamètre du faisceau laser est minimal
et l'intensité maximale, puisque les effets non-linéaires nécessitent
une très forte intensité.
On peut alors déplacer le point focal du laser femtoseconde pour faire
point par point la cartographie tridimensionnelle de l'émission non-linéaire
de tissus vivants. Cette émission non-linéaire peut provenir soit
de molécules intrinsèquement présentes dans les tissus
soit d'un marquage (molécules introduites expressément pour pouvoir
visualiser le tissu).
Paroi artérielle d'un rat observée sans marquage (ex vivo)
simultanément en microscopies de fluorescence excitée à
deux photons (rouge : feuillets élastiques) et de génération
de second harmonique (vert : fibres de collagène). (E. Beaurepaire, T.
Boulesteix, A.-M. Pena, M.-P. Sauviat, M.-C. Schanne-Klein ; Laboratoire d'Optique
et Biosciences, Palaiseau (CNRS-INSERM-Ecole Polytechnique))
Développement d'un embryon de Drosophile visualisé
en 4D (3D+temps) par microscopie de fluorescence excitée par absorption
à deux photons. Il s'agit d'un embryon modifié génétiquement
pour produire une protéine fluorescente (GFP) se localisant dans les
noyaux des cellules. La fluorescence de cette protéine permet alors de
visualiser les noyaux des différentes cellules constituant l'embryon.
(W. Supatto, D. Débarre, E. Farge, E. Beaurepaire ; collaboration Laboratoire
d'Optique et Biosciences (CNRS-INSERM-Ecole Polytechnique) - Institut Curie)
Une autre variante de visualisation de tissus par effet non-linéaire
utilise la lumière diffusée vers l'arrière (rétrodiffusée)
et le fait que la structure interne des tissus se traduit par une variation
de l'intensité de la lumière diffusée. Les impulsions diffusées
à une profondeur plus grande du tissu mettent plus longtemps pour revenir
au point de départ. A la sortie du tissu, on fait la somme de fréquences
entre le faisceau rétrodiffusé et un faisceau de référence.
Ainsi, le signal de somme de fréquence qui apparaît à différents
instants correspond à la lumière rétrodiffusée à
différentes profondeurs.
Film de peau humaine in vivo au niveau de l'avant bras. Le déplacement
en fonction du temps provient du mouvement naturel du bras. Le faisceau laser
incident (durée des impulsions : 30 fs) vient de la droite. Horizontalement
on visualise la profondeur, transversalement (verticalement) on est parallèle
à la surface du bras. Taille de l'image : 0,6 par 1,2 mm. Résolution
: 20 µm latéralement et 5 à 8 µm en profondeur. (E.
Abraham, G. Jonusauskas, J. Oberlé ; CPMOH (Université Bordeaux-CNRS))
Un autre effet d'optique non-linéaire est la génération
de continuum spectral, où un faisceau femtoseconde focalisé dans
un milieu transparent, initialement centré à une longueur d'onde
donnée (par exemple, dans le rouge à 800 nm), crée un faisceau
blanc qui contient toutes les couleurs du spectre visible et s'étend
même jusqu'au proche infrarouge. Même si l'origine de ce phénomène
est très compliquée, on peut considérer en première
approximation que ce continuum de fréquences provient de sommes et différences
de fréquences successives entre les fréquences du faisceau initial.
Lorsque le laser femtoseconde est très intense, un continuum
spectral peut être engendré dans l'air. La partie proche infrarouge
de ce continuum peut alors être utilisée pour la détection
d'aérosols (poussières en suspension dans l'air) ou de polluants
dans l'atmosphère. Dans le cadre d'une collaboration franco-allemande,
un laser femtoseconde mobile, le Téramobile,
avec une très forte puissance (5 TW, c'est-à-dire 5 millions de
millions de Watts, soit la puissance de 1000 centrales électriques...
mais pendant très peu de temps) a été construit. Le déplacement
de ce laser permet des mesures en différents lieux.
|

Le système Téramobile. Il contient le laser produisant
des impulsions ultrabrèves et un système de détection
(télescope) pour des mesures Lidar. Les hublots servent à
émettre le faisceau laser horizontalement. Deux autres hublots
sur le toit permettent de l'émettre verticalement.
(c) Téramobile
|
|
Génération d'un faisceau laser " blanc " par
le laser Teramobile.
(c) Téramobile
|
|

Image en "fausses couleurs" (rouge : forte intensité,
bleu : faible intensité) du faisceau laser du Téramobile
prise par le télescope de l'observatoire de Tautenburg (Allemagne).
La grosse " boule " marque le point où le faisceau rencontre
un nuage. La forme et la taille de cette boule permet de mesurer à
distance la taille et le nombre des gouttes dans le nuage. Pendant l'opération
Année Mondiale de la Physique 2005 à Paris, le Téramobile
mesurera également des aérosols (poussières en suspension
dans l'air).
(c) Téramobile
|
|

Démonstration de la télé-détection de
simulants d'aérosols biologiques avec le Lidar Téramobile.
Le " tube " est une chambre à nuages où un brouillard
est produit. Le faisceau laser Téramobile arrive de la gauche,
illumine ce brouillard (la ligne blanche lumineuse à l'entrée
de la chambre à nuages), et permet de l'analyser. On peut ainsi
détecter, localiser et identifier un aérosol biologique
à distance.
(c) DAVM/Université Lyon 3/Alexis Gratié
|
RUBRIQUES EN COURS DE REALISATION
Exemples de lasers femtosecondes
Lasers à colorant
Lasers à base de saphir dopé au Titane (Ti :Sa)
Comment mesurer la durée d'une impulsion femtoseconde ?
Amplification de lasers femtosecondes
Métrologie avec des lasers femtosecondes
Pour des suggestions sur ce site, contacter : Antigoni
Alexandrou ou Manuel Joffre
Page web réalisée à l'occasion de l'Année
Mondiale de la Physique 2005 à partir d'images en provenance de différents
laboratoires partenaires du Réseau
des Technologies Femtoseconde
|